S’endetter pour cotiser à son REER?

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16 Fév S’endetter pour cotiser à son REER?

Avec le mois de février bien entamé, vous songez à cotiser à vos REER, avant la date limite. Cependant, vous ne disposez pas d’assez d’argent pour le faire, et vous pensez emprunter la somme nécessaire. Vous ne savez pas s’il s’agit là d’une bonne idée, car vous craignez l’impact d’un nouvel emprunt sur vos dettes actuelles. Voici quelques pistes de réflexion qui pourront vous aiguiller dans votre décision.

Le REER : de quoi s’agit-il?

Cet acronyme désigne le Régime enregistré d’épargne-retraite. Toutes les sommes que vous y mettez sont destinées à être retirées pendant votre retraite, à quelques exceptions près. Du point de vue des impôts, le REER vous permet de réduire le salaire gagné au cours d’une année donnée, ce qui aboutit en un remboursement d’impôt de la part du gouvernement. Ainsi, les sommes cotisées durant l’année 2016 et les 60 premiers jours de l’année 2017 pourront servir, lors de la déclaration des revenus de l’année 2016, à diminuer le revenu total gagné en 2016.

Emprunter pour cotiser à son REER?

Nombreuses sont les institutions financières qui proposent aux consommateurs des offres de « prêt REER », dans le but de maximiser le remboursement d’impôt qu’ils pourraient recevoir du gouvernement. Bien qu’il soit vrai qu’en cotisant une somme plus élevée dans vos REER, vous recevrez un remboursement d’impôt plus important, il faut demeurer vigilant à l’utilisation que vous ferez de cet argent. En effet, pour que cette offre soit profitable, il faut respecter plusieurs critères :

  • Vous devez vous qualifier pour recevoir un remboursement d’impôt : si votre revenu de l’année ne dépasse pas le montant personnel de base établi par le gouvernement (11 550 $ en 2016), vous n’avez pas payé d’impôt et, par conséquent, vous ne vous qualifiez pas pour recevoir un remboursement.
  • Dans le cas où vous recevrez un remboursement d’impôt, vous devez l’utiliser en totalité pour rembourser votre prêt REER. De plus, il faut comprendre que, même dans ce cas, vous paierez de l’intérêt sur votre prêt REER, puisque le montant de votre remboursement d’impôt n’égalera jamais celui de votre contribution REER. Par exemple, pour un contribuable qui a gagné 40 000 $ en 2016, l’impôt prélevé par le gouvernement s’élève à 7 663 $, selon le Centre québécois de planification financière. S’il décide de contracter un prêt REER de 5 000 $ et de cet argent mettre dans ses REER, son revenu imposable diminue à 35 000 $, qui correspond à un impôt total de 6 237 $. Le gouvernement lui remettra donc la différence entre l’impôt prélevé initialement et l’impôt normalement dû, soit 1 426 $. Dans les faits, cette personne vient de contracter une dette de 3 574 $. De plus, à cause des taux d’intérêt applicables consentis par l’institution financière, la somme à rembourser sera encore plus élevée

La prudence est de mise

Il ne faut pas perdre de vue le but premier du REER, qui est de mettre de l’argent de côté en vue de sa retraite. Contracter un prêt pour cotiser à son REER revient donc à contracter une dette aujourd’hui dans le but de ne disposer de l’argent que beaucoup plus tard, puisque l’ âge de la retraite au Canada est fixé à 65 ans en 2016.

Une alternative, qui serait beaucoup plus flexible et profitable, serait de mettre en place un programme d’épargne automatique. Vous pourrez ainsi cotiser la somme désirée dans votre REER, et ce, tout au long de l’année et sans contraintes. Vous n’aurez donc plus à attendre la pression de la « saison des REER » pour le faire en urgence, et risquer de vous enliser un peu plus dans les dettes.

Le REER et la faillite personnelle

En cas de faillite personnelle, les sommes cotisées dans un REER demeurent insaisissables, à condition que ces cotisations aient été effectuées au moins 12 mois avant la date de la faillite. Par exemple, pour une faillite déclarée le 15 juin 2016, toutes les sommes placées dans un compte REER entre le 15 juin 2015 et la date de la faillite sont, quant à elles, saisissables. Votre syndic autorisé en insolvabilité les conservera à votre dossier, comme actifs, pour la masse de vos créanciers

N’oubliez pas, votre compte REER n’est pas un compte d’épargne normal duquel vous pouvez retirer de l’argent pour rembourser vos dettes ou régler vos problèmes financiers. En procédant ainsi, vous courrez le risque d’empirer votre situation, et même de perdre vos économies accumulées durant des années. Faites-vous accompagner par des professionnels qui maîtrisent la législation. Nos syndics autorisés en insolvabilité sont là pour vous. N’hésitez pas à les consulter.

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